
mardi 14 décembre 2010
mercredi 3 novembre 2010
Les "gouttes de lumière" de Joseph JOUBERT par Jean-Luc DAUPHIN, le 13 novembre
Les « gouttes de lumière »
de Joseph JOUBERT :
une poétique de la sagesse.
dimanche 10 octobre 2010
Cécile SAUVAGE, de la poésie à la musique par Béatrice MARCHAL
Quelques photos de la rencontre "Cécile Sauvage, de la poésie à la musique" ayant eu lieu au Cercle le Samedi 9 octobre 2010...
"Je souffre d'un lointain musical que j'ignore"
"Je ne serai jamais guérie de la douceur de vivre"
Cécile Sauvage
"Je ne serai jamais guérie de la douceur de vivre"
Cécile Sauvage
par Béatrice MARCHAL
mardi 5 octobre 2010
Hommage à Robert-Huges Boulin
Robert-Hugues BOULIN, poète aveugle, apportait sans cesse la preuve qu’il était voyant, au quotidien, comme dans sa poésie. Ses Images (titre de l’un de ses plus récents livres) le portaient, donnant à sa Cité intérieure (titre de l’un de ses premiers livres), un regard, un imaginaire aux couleurs plus chatoyantes que chez la plupart des autres poètes.
Robert, qui a longtemps fait partie de notre Comité, d’emblée nous reconnaissait à la voix, et sans la moindre hésitation nous saluait par notre prénom, et la chaleur de son timbre répondait à notre émotion.
Lucide sur son destin : Je ne suis né que pour mourir (Jetés a vent), il n’en demeurait pas moins transmetteur d’une parole de vie. Il a bâtit une œuvre aux multiples facettes : poèmes en vers libres, poèmes en forme classique, proses poétiques, nouvelles : Les mots cherchent le mot / les idées se courtisent (très belle leçon de poésie mise en lumière par son éditeur et ami, Thierry Sajat dans la préface de La Grande symphonie).
Il s’était rapproché de Pierre Esperbé - son cadet de quelques mois qui l'a cependant devancé dans la mort -, lorsqu’il avait découvert que les parents de celui-ci, tous deux aveugles, avaient également vécu à l’institut de Saint-Mandé, qu’ils avaient connu ses propres parents. La poésie et l’amitié amplifièrent leur complicité.
Les mots lui servaient à ouvrir de nouveaux chemins. La poésie, l’humour – et même l’autodérision -, l’amour, l’aidaient à se tenir debout, en homme chaleureux, arbre sans cesse revivifié dans sa quête d’une nature qui serait en harmonie avec l’humanité : Si je crois en l’homme / je doute de ses actes (Jetés au vent). Certains de ses vers ressemblent à des maximes : On ne fait pas de feu avec des cendres froides (Jetés au vent). Mais sa philosophie lui permettait surtout le dialogue avec les autres. Depuis la disparition de son épouse aimée, - également fidèle à nos réunions de poésie - il avait su se recréer un monde à la dimension de son élan poétique : L’homme éphémère appartient à l’éternité. Humble cependant, au service de ses compagnons. Son rafiot, écrit-il dans Images s’appelle Petit bonheur.
Son œuvre s’achève par La grande symphonie – parue en ce début d’été –. Il était conscient qu’il s’agissait là de ses dernières notes (titre d’ailleurs du dernier poème de ce recueil). Et avec ses derniers mots, je vous invite à le relire, à le remercier d'avoir été cet éveilleur de mots, à penser à lui, pour qu’il demeure vivant, dans la permanence du poème : Puisque vous êtes Lumière / au cœur de la nuit.
Colette Klein
dimanche 4 juillet 2010
Hommage à Laurent TERZIEFF
Laurent TERZIEFF Un artiste de lumière habité par la poésie, un être de passion et de partage.
Nous le rencontrions parfois venant de la rue du Dragon, où il demeurait, sur le Boulevard Saint-Germain où le Cercle Aliénor tient ses réunions à la Brasserie Lipp. C’était une émotion intense que d’approcher cet homme de théâtre, immense et pourtant d’une telle vérité, pour ceux qui avaient eu la chance de suivre son itinéraire, au moins depuis « Tête d’Or », mis en scène par Jean-Louis Barrault, à l’Odéon, jusqu’au « Philoctète » dans un texte de Jean-Pierre Siméon, sur la même scène. Exemplaire aussi pour les générations nouvelles qui ont découvert le comédien brisé par la vie et la maladie mais transfiguré par la passion du texte et de la scène et par ce don exceptionnel de communiquer au public le sens de la beauté.
Lorsque j’ai proposé, il y a deux ans, une séance de notre Cercle sur le thème « Théâtre et Poésie » c’est vers lui que se tournait ma pensée. Nous gardions, comme trésor, après une présentation de Rilke, l’évocation de l’œuvre poétique de Milosz au Lucernaire, au tout début des années 80. Impossible de surpasser en intensité, en clarté, en émotion cette offrande à trois voix de la haute parole du poète. Pour cette composition dramatique intense, Pascale de Boysson et Claude Aufaure étaient là, tout naturellement, en fervente complicité avec Laurent Terzieff.
Pour l’entretien avec Bruno Doucey au Cercle Aliénor, nous avions sollicité Claude Aufaure, qui jouait à ce moment « L’Habilleur » et a d’emblée relevé le défi et l’exigence.
« Point de Théâtre sans Poésie » aimait à dire Laurent Terzieff. Il confiait dans une interview accordée à Laurence Liban « L’essentiel nous est caché et ne peut se révéler par l’intuition poétique ».
Cette vie consacrée au partage et au don en aura été la preuve lumineuse.
Nous le rencontrions parfois venant de la rue du Dragon, où il demeurait, sur le Boulevard Saint-Germain où le Cercle Aliénor tient ses réunions à la Brasserie Lipp. C’était une émotion intense que d’approcher cet homme de théâtre, immense et pourtant d’une telle vérité, pour ceux qui avaient eu la chance de suivre son itinéraire, au moins depuis « Tête d’Or », mis en scène par Jean-Louis Barrault, à l’Odéon, jusqu’au « Philoctète » dans un texte de Jean-Pierre Siméon, sur la même scène. Exemplaire aussi pour les générations nouvelles qui ont découvert le comédien brisé par la vie et la maladie mais transfiguré par la passion du texte et de la scène et par ce don exceptionnel de communiquer au public le sens de la beauté.
Lorsque j’ai proposé, il y a deux ans, une séance de notre Cercle sur le thème « Théâtre et Poésie » c’est vers lui que se tournait ma pensée. Nous gardions, comme trésor, après une présentation de Rilke, l’évocation de l’œuvre poétique de Milosz au Lucernaire, au tout début des années 80. Impossible de surpasser en intensité, en clarté, en émotion cette offrande à trois voix de la haute parole du poète. Pour cette composition dramatique intense, Pascale de Boysson et Claude Aufaure étaient là, tout naturellement, en fervente complicité avec Laurent Terzieff.
Pour l’entretien avec Bruno Doucey au Cercle Aliénor, nous avions sollicité Claude Aufaure, qui jouait à ce moment « L’Habilleur » et a d’emblée relevé le défi et l’exigence.
« Point de Théâtre sans Poésie » aimait à dire Laurent Terzieff. Il confiait dans une interview accordée à Laurence Liban « L’essentiel nous est caché et ne peut se révéler par l’intuition poétique ».
Cette vie consacrée au partage et au don en aura été la preuve lumineuse.
Maurice Lestieux
le 3 juillet 2010
mercredi 30 juin 2010
Disparition d'Olivier KRAFFT
Olivier KRAFFT, fils du fondateur du « Cercle de poésie et d'esthétique Aliénor-Jacques Krafft » est décédé le 2 juin dernier à Paris. Nous le savions gravement malade et nous admirions son courage et la force de caractère qu'il lui fallait pour venir,ces derniers temps, à nos réunions et conférences, ainsi qu'à la remise du Prix..
Plusieurs d'entre nous étions présents le 7 juin à la cérémonie religieuse de ses obsèques, auprès de Guislaine Krafft et de la famille. Une gerbe a été déposée au nom de ses amis du Cercle Aliénor.
Né en 1926 à Paris, Olivier KRAFFT était Docteur en Droit et Licencié es Lettres.
Avocat au Barreau de Paris depuis sa prestation de serment en 1950, il avait intégré la Magistrature après plus de trente ans au Barreau. Magistrat honoraire, il était chevalier dans l'Ordre National du mérite.
Parallèlement à ses compétences juridiques et à ses fonctions judiciaires, Olivier Krafft, homme d'une vaste culture et d'une grande érudition, manifestait de hautes préoccupations littéraires.
Il était l'auteur de plusieurs ouvrages remarqués et réédités, tels « La politique de Jean-Jacques Rousseau : aspects méconnus » (1989) ou « Les trois procès de Jésus »(2008)
Aux côtés de son épouse Ghislaine il était très actif à l'Association des écrivains du 7° arrondissement, qu'il présidait. A ce titre, il venait de recevoir la Médaille de la Ville de Paris pour son activité bénévole.
Notre Cercle avait reconnu en lui le mainteneur d'une tradition de la recherche appliquée au domaine de l'esthétique, spécialement en matière de poésie. Aussi avait-il été décidé de lui conférer le titre de Président d'honneur.
Son père, Jacques G. Krafft, (1890-1960) médecin, esprit scientifique, excellent connaisseur de la poésie et poète lui-même, s'inscrivait directement dans la ligne de ses maîtres, Etienne Souriau et Charles Lalo qui manifestaient beaucoup d'estime à ses travaux. C'est afin de rapprocher la réflexion approfondie sur l'activité d'écriture et les poètes eux-mêmes, que Jacques-G Krafft avait en 1950 organisé avec quelques amis, écrivains, artistes, universitaires, ces rencontres , placées sous le « patronage » de la Reine Aliénor d'Aquitaine, considérée comme emblématique, en cette Brasserie Lipp de Saint-Germain- des-prés où Monsieur Cazes les accueillait avec bienveillance.
Olivier, homme aux convictions très affirmées, participait attentivement aux activités du Cercle, et y témoignait avec éloquence, et non sans fougue et sans une cordiale vivacité, de sa conception stricte de la littérature. Il nous rappelait souvent les lois quasi-scientifiques qui doivent présider à la création du poème, comme elles sont le support de l'œuvre musicale dont elle est proche. Il offrait volontiers aux nouveaux membres un exemplaire de l'ouvrage de référence du fondateur du Cercle « Poésie corps et âme, étude sur l'esthétique de la poésie » publié en 1961 par la Librairie philosophique Vrin, qui venait comme en contrepoint de son précédent « Essai sur l'esthétique de la prose », préfacé par Charles Lalo.
Olivier Krafft aimait à évoquer sa famille : deux enfants, six petits enfants et deux arrière-petits enfants. A son épouse, à tous, nous tenons à dire notre reconnaissance et notre affectueuse sympathie.
Plusieurs d'entre nous étions présents le 7 juin à la cérémonie religieuse de ses obsèques, auprès de Guislaine Krafft et de la famille. Une gerbe a été déposée au nom de ses amis du Cercle Aliénor.
Né en 1926 à Paris, Olivier KRAFFT était Docteur en Droit et Licencié es Lettres.
Avocat au Barreau de Paris depuis sa prestation de serment en 1950, il avait intégré la Magistrature après plus de trente ans au Barreau. Magistrat honoraire, il était chevalier dans l'Ordre National du mérite.
Parallèlement à ses compétences juridiques et à ses fonctions judiciaires, Olivier Krafft, homme d'une vaste culture et d'une grande érudition, manifestait de hautes préoccupations littéraires.
Il était l'auteur de plusieurs ouvrages remarqués et réédités, tels « La politique de Jean-Jacques Rousseau : aspects méconnus » (1989) ou « Les trois procès de Jésus »(2008)
Aux côtés de son épouse Ghislaine il était très actif à l'Association des écrivains du 7° arrondissement, qu'il présidait. A ce titre, il venait de recevoir la Médaille de la Ville de Paris pour son activité bénévole.
Notre Cercle avait reconnu en lui le mainteneur d'une tradition de la recherche appliquée au domaine de l'esthétique, spécialement en matière de poésie. Aussi avait-il été décidé de lui conférer le titre de Président d'honneur.
Son père, Jacques G. Krafft, (1890-1960) médecin, esprit scientifique, excellent connaisseur de la poésie et poète lui-même, s'inscrivait directement dans la ligne de ses maîtres, Etienne Souriau et Charles Lalo qui manifestaient beaucoup d'estime à ses travaux. C'est afin de rapprocher la réflexion approfondie sur l'activité d'écriture et les poètes eux-mêmes, que Jacques-G Krafft avait en 1950 organisé avec quelques amis, écrivains, artistes, universitaires, ces rencontres , placées sous le « patronage » de la Reine Aliénor d'Aquitaine, considérée comme emblématique, en cette Brasserie Lipp de Saint-Germain- des-prés où Monsieur Cazes les accueillait avec bienveillance.
Olivier, homme aux convictions très affirmées, participait attentivement aux activités du Cercle, et y témoignait avec éloquence, et non sans fougue et sans une cordiale vivacité, de sa conception stricte de la littérature. Il nous rappelait souvent les lois quasi-scientifiques qui doivent présider à la création du poème, comme elles sont le support de l'œuvre musicale dont elle est proche. Il offrait volontiers aux nouveaux membres un exemplaire de l'ouvrage de référence du fondateur du Cercle « Poésie corps et âme, étude sur l'esthétique de la poésie » publié en 1961 par la Librairie philosophique Vrin, qui venait comme en contrepoint de son précédent « Essai sur l'esthétique de la prose », préfacé par Charles Lalo.
Olivier Krafft aimait à évoquer sa famille : deux enfants, six petits enfants et deux arrière-petits enfants. A son épouse, à tous, nous tenons à dire notre reconnaissance et notre affectueuse sympathie.
Maurice Lestieux
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